Patrimoine archéologique

Le patrimoine

Le patrimoine naturel et le patrimoine culturel sont indissociables. Les sites archéologiques du Québec sont souvent localisés dans des paysages majestueux comme ceux trouvés à La Martre en Gaspésie et aux Bergeronnes sur la Côte-Nord. Photos : Pierre Lahoud, MCC

Le patrimoine naturel...

Photos : Pierre Lahoud, MCC

« Patrimoine » est un terme de plus en plus populaire aujourd’hui. Généralement, il faut faire une distinction entre ce qui constitue le patrimoine naturel et le patrimoine culturel. Le patrimoine naturel concerne la faune, la flore, l’environnement, l’eau, le sol, etc., tandis que le patrimoine culturel comprend tout ce qui se rapporte à l’être humain.

Le patrimoine culturel comprend plusieurs volets et correspond souvent à des disciplines de recherche :

  • le patrimoine ethnologique (matériel et immatériel)
  • le patrimoine historique
  • le patrimoine archivistique
  • le patrimoine bâti (ou architectural)
  • le patrimoine archéologique

Le patrimoine culturel se décline aussi en thèmes :

  • le patrimoine religieux
  • le patrimoine maritime
  • le patrimoine militaire
  • le patrimoine industriel
  • le patrimoine autochtone

Évidemment, pour représenter chacun de ces thèmes, il existe plusieurs sites archéologiques. Nous nous attarderons ici sur le patrimoine culturel qui nous interpelle le plus, le patrimoine archéologique.

Qu’est-ce que le patrimoine archéologique ?

Le patrimoine archéologique, c’est d’abord tout ce que nous ont légué ceux et celles qui ont vécu avant nous et dont les restes sont tangibles. En d’autres mots, ce sont les restes matériels du passé. Concrètement, il s’agit des objets mobiliers (Objet produit ou utilisé par l’être humain dans son quotidien pour chasser, cultiver, pêcher ou pratiquer d’autres activités. artefacts et Matériaux prélevés dans l’environnement par l’être humain, sur un site archéologique, mais qui n’ont pas été transformés par lui en objets : bois, os, ivoire, graines et autres matières organiques. Ces matériaux sont associés à des activités humaines telles que se chauffer, s’alimenter, etc. écofacts), des Débris de structure. Les vestiges structuraux sont immuables ; ils ne peuvent être prélevés et apportés au laboratoire pour être analysés. Leur étude doit se faire sur place, minutieusement, et toutes données nécessaires à l’interprétation des vestiges doivent être enregistrées. Certains vestiges constituent une masse, tel un mur ou une fondation, d’autres sont plus discrets. Ainsi, plusieurs vestiges de structure sont détruits lors des fouilles : le foyer de pierres et sa zone de combustion, le cercle de pierres qui retenait la tente, les traces de pieux qui indiquaient où étaient plantés les poteaux, les fosses à déchets, etc.vestiges structuraux immobiliers (murs, fondations, etc.) et des sites archéologiques comme tels qui s’inscrivent dans un lieu, un paysage naturel, rural ou urbain.

C’est aussi tout ce qui a été accumulé comme données, rapports et publications sur les recherches menées jusqu’à présent au Québec. Le Québec bénéficie du fait que la Loi sur les biens culturels a encouragé l’État à archiver ces informations et à les rendre accessibles aux principaux intéressés : les chercheurs, les municipalités et le public.

Le patrimoine archéologique et la Loi

La Loi adoptée en 1972, qui contient des dispositions pour assurer la protection du patrimoine archéologique du Québec. Loi sur les biens culturels oblige quiconque veut faire des fouilles à obtenir préalablement un L’archéologue qui désire mener une intervention archéologique doit, conformément à la Loi sur les biens culturels et au Règlement sur la recherche archéologique, soumettre une demande au ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine pour obtenir un permis de recherche archéologique. permis de recherche archéologique. Pour l’obtenir, le requérant doit garantir que l’intervention sera effectuée par des professionnels et que les ressources matérielles seront suffisantes pour mener le projet à terme. En plus, le requérant s’engage à déposer un rapport de ses activités au plus tard un an après l’intervention.

Pourquoi prendre tant de précautions ? Il est établi que toute intervention sur un site archéologique peut le perturber et que les fouilles, surtout, entraînent la destruction du site. Seules des fouilles faites par des archéologues professionnels peuvent justifier une telle destruction. En fait, au Québec et ailleurs dans le monde, la société accepte de confier ce travail aux archéologues à la condition qu’ils enregistrent ce qu’ils ont fait sous forme de rapport et que finalement ils publient les résultats de leurs recherches. Le rapport doit, en effet, contenir toutes les données recueillies lors des fouilles, et ce, pour chaque site alors découvert.

Les sites archéologiques ne sont pas toujours fouillés complètement. Bien sûr, s’il y a un projet de construction de route ou de barrage, tout doit être scruté, mais ce n’est pas toujours le cas. En ville, il arrive souvent que seules des portions de sites soient ouvertes pour y pratiquer des fouilles, alors que d’autres portions restent inaccessibles sous des constructions plus récentes. La protection du patrimoine archéologique n’est pas automatique ; elle s’inscrit dans un cycle d’acquisition de connaissances et, pour ce faire, dispose d’outils de gestion.

La protection du patrimoine archéologique

Cycle de la protection du patrimoine archéologique. Diagramme : Pierre Desrosiers, MCCCF

Cycle de la protection du patrimoine archéologique.

Diagramme : Pierre Desrosiers, MCCCF

Le cycle de la protection du patrimoine archéologique comprend cinq volets. Il commence évidemment avec la recherche. Celle-ci apporte de nouvelles connaissances à ce qu’on sait déjà. C’est en fonction de ces connaissances qu’une société détermine ce qui doit être protégé, diffusé et mis en valeur. La protection du patrimoine archéologique est l’affaire de tous : les chercheurs, les municipalités, les gouvernements et les citoyens. Ce n’est donc pas étonnant que la Loi sur les biens culturels demande aux citoyens de rapporter toutes les découvertes fortuites. C’est souvent grâce à ces découvertes qu’on peut amorcer le cycle de la protection du patrimoine archéologique.

Les outils de gestion

Plusieurs outils de gestion sont utilisés par les instances publiques, gouvernementales et municipales, en fonction de leurs besoins. L’exemple donné ici est celui du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, qui agit comme pivot pour communiquer l’ensemble des données sur le patrimoine archéologique à l’échelle du Québec. Dans l’exercice de son mandat légal lié, il dispose :

  • de la banque informatisée de la gestion des permis de recherche archéologique au Québec
  • du Centre de documentation en archéologie
  • de la banque informatisée de l’Inventaire des sites archéologiques du Québec (ISAQ)
  • du Laboratoire et la Réserve d’archéologie du Québec

La banque informatisée de la gestion des permis permet de faire le suivi des demandes et de s’assurer de la remise du rapport d’activités archéologiques au terme d’un an. Une centaine de permis sont émis annuellement à des archéologues indépendants, ou à des firmes et à des organismes qui ont des archéologues parmi leur effectif.

Le Centre de documentation contient plus de 4 000 rapports et autres documents qui informent sur les interventions et les sites archéologiques du Québec. Il propose un support cartographique où sont localisés les sites et les interventions archéologiques. En milieu urbain, l’échelle des cartes cadastrales peut être de 1 : 1000e alors qu’ailleurs les cartes topographiques sont de 1 : 50 000e.

La banque informatisée de l’Inventaire des sites archéologiques du Québec (ISAQ) a été mise sur pied pour gérer les données extraites des rapports de terrain relatifs à chacun des 8 600 sites archéologiques recensés jusqu’à présent. La banque informatisée contient aussi les sites qui possèdent un Un site archéologique peut se voir accorder un statut en vertu de la Loi sur les biens culturels lorsqu’il est considéré d’importance nationale. Une vingtaine de sites bénéficient actuellement de ce statut. Ils figurent dans le Répertoire du patrimoine culturel du Québec. statut provincial, fédéral ou municipal et les Regroupement de sites dans un même environnement : un lac, une embouchure, une île, etc. Le secteur est considéré comme une réserve ou, plutôt, un laboratoire pour la poursuite des recherches. Il présente suffisamment d’intérêt archéologique pour que de nouvelles activités y soient menées. L’intention est donc de le préserver pour les générations futures.secteurs archéologiques répertoriés sur les terres du domaine public. En plus des archéologues, les principaux utilisateurs de l’ISAQ sont les gestionnaires des autres ministères dont le ministère des Transports, des sociétés d’État dont Hydro-Québec, des municipalités dont Montréal et Québec, des organismes autochtones dont l’Administration régionale Crie et l’Institut culturel Avataq.

Le Laboratoire et la Réserve d’archéologie du Québec est situé dans le même bâtiment que le Centre de Toute action visant à sauvegarder un bien culturel. Le but de la conservation est d'étudier, de documenter, de préserver et de restaurer les aspects culturels importants d'un bien culturel en limitant le plus possible l'intervention. La conservation comprend l'examen, la documentation, la conservation préventive, la préservation, la restauration et la reconstitution. (Extrait du code de déontologie de l'Institut international pour la conservation)conservation du Québec. Ce laboratoire sert de lieu de travail post-terrain ; il s’agit d’un endroit où les chercheurs peuvent avoir accès à des équipements spécialisés, à des locaux et, évidemment, où ils peuvent travailler sur les collections. Il comprend une salle de préparation des artefacts ainsi qu’une salle pour la prise de photographies. La réserve archéologique contient les collections archéologiques qui appartiennent à l’État et qui ont été trouvées sur les terres du domaine public. Elle peut aussi contenir des collections privées ou municipales. La réserve existe pour assurer la conservation à long terme des collections du Québec et c’est dans ce lieu que sont analysées et entreposées les collections provenant du chantier Cartier-Roberval. La proximité avec les spécialistes du Centre de conservation du Québec permet d’effectuer des traitements préventifs sur certains objets et de les restaurer à des fins d’exposition. Actuellement, plus de 2 000 collections sont entreposées dans la réserve à des fins de recherche, d’éducation, de diffusion et de mise en valeur, mais plusieurs dizaines de collections sont aussi prêtées à divers laboratoires de recherche universitaire, musées et lieux d’interprétation, organismes autochtones, etc. Parmi les collections déposées dans la réserve, il y a deux collections de référence qui bénéficient d’un statut provincial : la collection de Place-Royale à Québec et la collection provenant de l’épave du Elizabeth and Mary (le projet Phips - 1690).

Les collections conservées au Laboratoire et à la Réserve d’archéologie du Québec : la collection de l’épave du Elizabeth and Mary. Photo : Michel Élie, Centre de conservation du Québec

La collection de l’épave du Elizabeth and Mary...

Photo : Michel Élie, Centre de conservation du Québec

Les lames de cache du site amérindien de Saint-Nicolas. Photo : MCCCF

Les lames de cache du site amérindien de Saint-Nicolas.

Photo : MCCCF

La porcelaine chinoise de Place-Royale à Québec. Photo : MCCCF

La porcelaine chinoise de Place-Royale à Québec.

Photo : MCCCF

Sites archéologiques ouverts au public

Sites

Thèmes 

Pointe-à-Callière, le musée d’archéologie et d’histoire de Montréal
Centre d’interprétation de la côte de Beaupré
Moulin des Jésuites (Charlesbourg)
Maison des Jésuites (Sillery)
Parc du Bourg de Pabos
Musée de Lachine

Le patrimoine de la Nouvelle-France  

Centre Archéo Topo
Centre d’interprétation du site Droulers/Tsiionhiakwatha
Centre d’histoire et d‘archéologie de la Métabetchouane 

Le patrimoine autochtone 

Basilique Notre-Dame (vidéo) 

Le patrimoine religieux 

Lieu historique national du Canada de la Grosse-Île-et-le-Mémorial-des-Irlandais

L’immigration 

Fort Ingall
Site patrimonial du Parc de l’artillerie
Lieu historique national du Canada du Fort-Lennox
Lieu historique national du Canada du Fort-Chambly  

Le patrimoine militaire 

Pointe-à-Callière, le musée d’archéologie et d’histoire de Montréal
Palais de l’Intendant et l’îlot des Palais 

Le patrimoine urbain 

Sites rupestres de la forêt boréale 

Le patrimoine rupestre 

L’épave du Elizabeth and Mary (projet Phips)
L’Empress of Ireland 
Lieu historique national du Canada de la Bataille-de-la-Ristigouche (l’épave du Machault)  

Le patrimoine maritime (épaves) 

Lieu historique national du Canada des Forges-du-Saint-Maurice

Le patrimoine industriel 

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Carte du chantier du site archéologique de Cartier-Roberval