Le projet Cartier-Roberval est né d’une découverte majeure pour l’histoire du Québec, soit la mise au jour d’un site qui témoigne concrètement de la tentative de colonisation française dans la vallée du fleuve Saint-Laurent au 16e siècle.
Cette découverte, faite en 2005 à l’occasion de travaux préparatoires à l’aménagement de belvédères au sud du parc Cartier-Roberval, à Cap-Rouge près de Québec, intervient après plusieurs tentatives infructueuses pour retrouver un établissement occupé par Jacques Cartier en 1541-1542 et par Jean-François de la Rocque de Roberval en 1542-1543.
Devant l’importance de cette découverte, le gouvernement du Québec a procédé, en août 2006, au lancement d’un programme de fouilles archéologiques afin de protéger ce lieu historique unique en Amérique du Nord et de permettre aux générations actuelles et futures d’en bénéficier pleinement.
Un programme en partenariat
La Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ), responsable de l’aménagement du site, s’est dotée d’une équipe d’archéologues chevronnés pour réaliser le programme de fouilles et a fait appel au Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCCF) pour participer à la recherche sur le terrain et assurer la diffusion des résultats des travaux.
Ces deux partenaires gouvernementaux sont assistés de plusieurs autres, dont les universités, pour les volets scientifiques du projet, notamment en histoire, en Étude des liens existants entre l’occupation humaine et l’environnement vus à travers le site archéologique à l’étude. archéologie environnementale, en géologie, en pédologie et en Étude des pollens anciens. palynologie.
L’ampleur et la signification de la découverte effectuée sur le site du promontoire de Cap-Rouge ont évidemment entraîné la mise en veilleuse des projets d’aménagement. Il ne fait cependant aucun doute que les résultats des fouilles enrichiront les plans de mise en valeur du site et que le défi sera des plus stimulants !
Une histoire quasi oubliée
Affiche installée par la Commission à l’entrée du chantier archéologique à Cap-Rouge.
Illustration : CCNQ
La découverte d’indices d’occupation humaine sur le site s’est produite après bien des travaux antérieurs et alors qu’on avait presque renoncé à trouver cet établissement français du 16e siècle. Cette situation s'explique de plusieurs façons. Tout d'abord, parce que les écrits historiques sont peu bavards. Et puis, loin de savoir exactement à quoi s’attendre, on pensait même que le site avait été détruit lors de la construction de la villa des Les frères Atkinson ont construit une villa en 1823 sur le promontoire de Cap-Rouge, devant la rivière du même nom. Les Atkinson ont aménagé tout le promontoire et construit diverses structures dont une tour d’observation à l’extrémité sud. Des plans du 19e siècle identifient l’emplacement de certains bâtiments, mais les archéologues doivent néanmoins établir des corrélations sur le terrain avec les vestiges de murs et de fondations qui apparaissent ici et là, sur le promontoire.Atkinson et du viaduc ferroviaire.
La découverte a d’ailleurs confondu plusieurs et certains sont demeurés sceptiques jusqu’à ce que les indices se fassent de plus en plus convaincants. C’est d’ailleurs ainsi que s’effectue le travail de recherche archéologique : l’accumulation d’indices qui convergent finit par créer une base solide et permet aux archéologues de faire des affirmations, preuves à l’appui.
C’est en effet principalement par l’archéologie qu’il sera possible de retracer ces pages d’histoire bien enfouies –à moins que l’intérêt suscité par la découverte ne permette de retrouver des archives inédites.
Pour y arriver, les archéologues doivent redoubler d’efforts, car les acquis historiques sur cette période sont bien minces et la reconstitution de cet établissement est une entreprise scientifique des plus exigeantes et des plus complexes. Heureusement, les progrès scientifiques contribuent grandement à l'exploration de ce passé enfoui sous le sol, et divers spécialistes s’y consacrent déjà pour appuyer les travaux des archéologues.
Le Compte rendu des fouilles à l’image du récit de voyage de Cartier et de Roberval qui rédigeaient des notes en suivant un ordre chronologique, depuis leur départ de la France jusqu’à leur arrivée au Canada. Ils y ont raconté les événements qui se sont alors déroulés au pays. Notre journal de bord propose une chronique hebdomadaire qui présente les activités entourant les fouilles et les analyses en laboratoire. journal de bord vous permet d’être à l’avant-scène pour suivre au fil des semaines les recherches en cours sur la première découverte archéologique majeure du 21e siècle au Québec !
La découverte du site Cartier-Roberval nous convie à redécouvrir toute une histoire. Nous retournons à l’époque des grands explorateurs : Christophe Colomb avait révélé l’Amérique aux Européens depuis à peine cinquante ans et les nations européennes se disputaient les ressources des nouveaux territoires.
Cette découverte rappelle également le choc des cultures amérindienne et européenne. Les nouveaux arrivants ont alors dû composer avec les chefs et les bandes bien organisées des groupes amérindiens qui vivaient près du fleuve. Et les choses avaient bien changé au début du 17e siècle lorsque Samuel de Champlain est arrivé sur les lieux.
Le projet Cartier-Roberval permet donc de revisiter une période fascinante, dynamique et mystérieuse sur laquelle nos livres d’histoire sont quasi muets.
Ce site Web est sous la responsabilité conjointe
de la Commission de la capitale nationale du Québec
et du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine
Date de mise à jour : 9 avril 2008