Cartier et Roberval

Ce que les archéologues ont utilisé...

Illustrations de Jacques Cartier (portrait réalisé par Théophile Hamel, 1844) et de Jean-François de La Roque de Roberval (croquis réalisé par Jean Clouet, Château de Chantilly, France). Illustrations : Libres de droit de reproduction, Wikipédia

Illustrations de Jacques Cartier et de Jean-François de La Roque de Roberval...

Illustrations : Libres de droit de reproduction, Wikipédia

Avant d’entrer dans le détail de ce qui est connu des voyages de Cartier et de Roberval, il vaut la peine de préciser les sources et les références bibliographiques qui ont été utilisées par les archéologues.

Les expéditions de Jacques Cartier et de Jean-François de La Roque de Roberval peuvent être largement documentées à partir des archives rassemblées par l’historien H. P. Biggar et des deux Écrits, prenant la forme d’un récit de voyage, qui permettaient aux navigateurs du 16e siècle de faire connaître leurs exploits. Ceux-ci avaient en effet l’habitude de confier à leur journal les étapes de leurs expéditions outremer. Souvent, ces textes étaient destinés au roi, aux marchands et aux banquiers qui avaient financé l’expédition et qui étaient susceptibles de le faire de nouveau.récits de voyage présentés par Michel Bideaux, celui de Cartier en 1541-1542 et celui de Roberval en 1542-15431 . Outre ces textes, signalons l'existence de certains documents complémentaires, dont : les ouvrages d’André Thévet, cosmographe du roi ; le récit d’Alphonse Saintonge, pilote de Roberval ; et d’autres textes assemblés par Joüon des Longrais et, récemment, par Monique Bois. Enfin, deux biographies sur Roberval, celles de l’abbé Émile-Épiphanius Morel et de Narcisse-Eutrope Dionne, ont mis à contribution des documents d’archives provenant du château de Roberval.

Les abondants écrits des historiens canadiens et français qui ont été consultés dans le cadre de cette recherche sont recensés dans les sources bibliographiques à la fin du présent texte, car il aurait été trop lourd ici de citer les sources individuellement chaque fois que nous y faisons allusion. Et comme plusieurs éditions des récits de Cartier présentent une certaine part d’interprétation, nous nous sommes abstenus de nous y référer, pour éviter de reproduire des pistes qui risquent d’être infondées. En lieu et place, nous citons plusieurs extraits en vieux français afin d’être le plus fidèles possible aux premières sources d’information ; pour les archéologues qui doivent tout autant connaître le contexte entourant les expéditions que la nature de l’équipage et les événements qui se sont déroulés, il s'agit là des documents les plus fiables et les plus riches.


Sources écrites du premier voyage de Cartier

Le premier voyage de Jacques Cartier est connu par la version italienne de Ramusio en 1565, traduite en anglais par Florio (1580) et en français par Raphaël du Petit Val en 1598, chez l’éditeur Petit Val à Rouen. En 1865, Henri Victor Michelant découvrit une copie manuscrite du texte primitif, qu'il publia. La relation du second voyage intitulée Brief recit de la navigation faicte es ysles de Canada a été publiée à Paris en 1545 chez Ponce Roffet dit Faucheur et Antoine Le Clerc, frères. Il existe deux autres manuscrits de cette relation : le numéro 5653, considéré par Avezac comme l’original et reproduit par l’édition de Québec de 1843, et le numéro 5589 dont H. P. Biggar a prouvé le caractère original.

Sources écrites du second voyage (1535-1536)

En ce qui concerne le deuxième voyage, au récit proprement dit s’ajoutent les documents d’archives suivants :

  • Commission pour le second voyage de Cartier octroyée par l’Amiral Chabot, datant du 30 octobre 1534
  • Choix de navires pour le second voyage, datant du 3 mars 1535
  • Paiement à Cartier de trois mille livres pour son second voyage, datant du 30 mars 1535
  • Liste provisoire des équipages de Cartier pour son second voyage, datant du 31 mars 1535.

Les expéditions de Cartier-Roberval (1541-1543)

Contrairement aux précédents voyages de Cartier, l’expédition conjointe de Cartier et de Roberval est traitée par un plus grand nombre de documents archivistiques qui ont permis la présente reconstitution de leur périple au Canada. Après en avoir fait une sélection, nous les avons regroupés afin de décrire l’expédition en deux phases distinctes :

  • La phase de préparation (1537-1541) incluant le règlement des comptes, le mandat des dirigeants, le détail de l’équipage et de la cargaison, etc.
  • La phase de réalisation (1541-1543) comprenant le trajet avec arrêts à Carpont (1541) et à Saint-Jean (1542) Terre-Neuve, pour l’approvisionnement, et le séjour proprement dit au cap Rouge.

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Références bibliographiques

Allaire, Bernard, Les voyages de Jacques Cartier et de Jehan François de La Roque de Roberval : pistes de recherche dans les sources françaises et Méthode par laquelle l’archéologue vérifie s’il existe ou non des traces d’occupation humaine dans une portion du territoire donné. S’il cherche des occupations amérindiennes, il effectue des sondages de 50 centimètres sur 50 centimètres à des intervalles de 5 mètres. Il peut ainsi trouver un foyer ou des artefacts. S’il cherche une occupation eurocanadienne, il pratique une opération ou une tranchée. De cette façon, il peut découvrir un mur, une fondation ou tout autre vestige d’intérêt. sondages dans les archives parisiennes, manuscrit, Commission de la capitale nationale du Québec, Québec, 2007a.

Allaire, Bernard, Proposition de recherche du 27 août 2007, manuscrit, Commission de la Capitale nationale du Québec, Québec, 2007b.

Bideaux, Michel, Jacques Cartier : relations, Presses de l’Université de Montréal, Montréal, 1986.

Biggar, H. P., A collection of documents relating to Jacques Cartier and the Sieur de Roberval, Publications of the Public Archives of Canada, no 14, Ottawa, 1930.

Braudel, Fernand et Michel Mollat du Jourdin, dir., Le monde de Jacques Cartier. L’aventure au XVIe siècle, Montréal, Libre-Expression, 1984.

Dionne, Narcisse-Eutrope, Jean-François de la Roque, seigneur de Roberval, Des Mémoires de la Société Royale du Canada, deuxième série, 1899-1900, tome 5, section 1, 1899.

Fouqueron, Gilles, Première autopsie sur le continent nord-américain, 2000 ans d'histoire, 2 volumes brochés, Saint-Malo, Éditions Breizh, 2003 – ISBN : 2950030459.

Joüon des Longrais, F., Jacques Cartier. Documents nouveaux, Picard, Paris, 1888.

Julien, Charles-André, Les Français en Amérique pendant la première moitié du XVIe siècle, textes des voyages de Verrazano, Cartier et Roberval, édité par C.-A. Julien, Herval et T. Beauchesne, Paris, Presses universitaires de France, 1946, 223 p.

Maran, René, Jacques Cartier, Voyages de découverte au Canada entre les années 1534 et 1542, Paris, Anthropos, 1968.

Michelant, H. et Alfred Ramé, dir., Relation originale du voyage de Jacques Cartier au Canada en 1534, documents inédits sur Jacques Cartier et le Canada (Nouvelle Série), accompagné par deux portraits de Cartier et deux vues sur son manoir, Paris, Tross, 1865.

Morel, L’abbé Émile-Épiphanius, Jean-François de La Roque, seigneur de
Roberval, vice-roi du Canada,
Paris, Ernest Leroux Éditeur, 1893.

Pouliot, J.-Camille, La grande aventure de Jacques Cartier. Relations de 1534 et 1535-36, Québec, Glanures Gaspésiennes, Québec, 1934.

Thévet, André, Les singularités de la France antarctique autrement nommée Amérique et de plusieurs terres et îles découvertes de notre temps par frère André Thévet natif d’Angoulême, à Paris, 1558, Éditions Le Temps, Paris, 1982.

Thévet, André, « Cosmographie universelle » in André Thévet’s North America A Sixteenth-Century View, McGill-Queen’s University Press, Montréal, 1986.

Trudel, Marcel, Histoire de la Nouvelle-France, I- Les vaines tentatives, 1524-1603, Fides, Montréal, 1963.

1 Le troisième voyage de Cartier et celui de Roberval sont connus par la version anglaise de Haklyut publiée à Londres en 1600, à partir d’originaux trouvés à Paris en 1583.

Carte du chantier du site archéologique de Cartier-Roberval